La célébration de la diversité a basculé dans l'horreur. Samedi 25 juillet, en fin de soirée, un véhicule a percuté volontairement les participants de la Christopher Street Day (CSD) à Berlin, faisant une victime et de nombreux blessés. L'attaque, qualifiée d'attentat terroriste islamiste par les autorités, a plongé la capitale allemande dans l'effroi. Voici ce que l'on sait de ce drame et de la traque du suspect.
Que s'est-il passé samedi soir ?
La marche des fiertés berlinoise, qui rassemblait des centaines de milliers de personnes, touchait à sa fin lorsque le drame s'est produit. Vers 22 heures, une camionnette blanche a brutalement foncé sur la foule dans le parc Tiergarten, lieu de convergence des festivités. Le véhicule a percuté plusieurs piétons avant de terminer sa course contre un arbre. Son conducteur a alors pris la fuite à pied, abandonnant la camionnette complètement déformée par le choc.
Selon les témoignages recueillis par la police, l'individu ne s'est pas arrêté là. Après avoir quitté le véhicule, il s'en est pris à d'autres passants à l'aide d'une arme blanche, vraisemblablement une machette, aggravant encore le bilan. Un important dispositif policier, appuyé par des hélicoptères équipés de caméras thermiques, a été déployé dans le parc, mais le suspect est parvenu à s'échapper.
Un bilan humain lourd
L'attaque a coûté la vie à une femme, décédée sur le coup après avoir été fauchée par le véhicule. Le ministre de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, a annoncé que 29 personnes avaient été blessées, un chiffre revu à la hausse par rapport aux premières estimations. Si trois blessés étaient initialement en état d'urgence, le chancelier Friedrich Merz a précisé ce dimanche qu'aucun pronostic vital n'était plus engagé. Une trentaine de témoins, profondément choqués, ont également été pris en charge sur place par les secours.
Un suspect identifié, toujours en fuite

La police a rapidement diffusé un avis de recherche visant Abdul Ballout, un ressortissant allemand d'origine libanaise de 21 ans. Mesurant 1,90 mètre, il est décrit comme un individu dangereux, potentiellement armé. Les enquêteurs le connaissent bien : il est fiché pour sa proximité avec la mouvance islamiste berlinoise et avait déjà tenté de rejoindre l'État islamique en Syrie en 2025. Arrêté au Liban, il avait été renvoyé en Allemagne où il a été condamné en 2026 pour « préparation d'un acte de violence grave mettant en danger la sécurité de l'État ». Libéré d'un centre de détention pour mineurs en mai 2026, il était donc en liberté au moment des faits.
Le parquet antiterroriste s'est saisi de l'affaire et le ministre de l'Intérieur a confirmé la piste d'un « attentat terroriste islamiste ». Un appartement à Schöneberg, où résidait le suspect, a été perquisitionné dans la nuit, mais il était vide. La police a lancé un appel à témoins et demande à toute personne qui apercevrait le fugitif de ne pas intervenir et d'appeler immédiatement le 110. En fin de journée dimanche, une « importante opération policière » était en cours pour tenter de l'interpeller.
Une onde de choc politique
L'attaque a suscité une vague de condamnations et de messages de solidarité. Emmanuel Macron a dénoncé un acte « odieux » et exprimé son « émotion » et sa « solidarité » envers l'Allemagne. Le chancelier Friedrich Merz a promis que les responsables seraient traduits en justice et a appelé la population à ne pas se laisser intimider par ceux qui cherchent à diviser la société.
Le président Frank-Walter Steinmeier s'est dit « bouleversé et indigné », dénonçant une attaque contre « notre société ouverte, notre mode de vie ». À l'étranger, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a rappelé que la marche des fiertés incarne « la liberté, la dignité et l'égalité des droits », valeurs fondatrices de l'UE. La Première ministre italienne Giorgia Meloni et le Premier ministre néerlandais Rob Jetten ont également exprimé leur soutien. Dimanche après-midi, une veillée a rassemblé une foule compacte devant la porte de Brandebourg, où une minute de silence a été observée en hommage aux victimes.
