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Musique

Hécatombe dans la presse musicale : BrooklynVegan, Alternative Press, Revolver et Goldmine démantelés par Veeps et Live Nation

La quasi-totalité des équipes de BrooklynVegan, Alternative Press, Revolver et Goldmine a été licenciée par leur maison mère Veeps, propriété de Live Nation. Retour sur une vague de licenciements qui sidère le monde de la musique.

Rédaction
Hécatombe dans la presse musicale : BrooklynVegan, Alternative Press, Revolver et Goldmine démantelés par Veeps et Live Nation

Le journalisme musical américain vient de subir un séisme sans précédent. Selon plusieurs sources concordantes, les rédactions de BrooklynVegan, Alternative Press, Revolver et Goldmine ont été presque intégralement vidées de leurs effectifs hier, sur décision de leur propriétaire, la plateforme Veeps, elle-même sous le giron de Live Nation. Une purge qui laisse ces titres historiques exsangues et soulève une vive émotion dans le secteur.

Un coup de massue venu de la direction

Les licenciements, intervenus le 4 août 2026, semblent avoir touché la quasi-totalité des équipes éditoriales. Si les courriels envoyés aux employés de BrooklynVegan sont restés sans réponse, une exception notable concerne son fondateur, Dave Levine, qui n’aurait pas été inclus dans la charrette. Du côté de Veeps et de Live Nation, le silence est total : nos confrères de Pitchfork ont sollicité des commentaires officiels, sans succès pour l’instant.

Veeps, fondée par Benji et Joel Madden du groupe Good Charlotte, a d’abord été une plateforme de streaming payant de concerts avant d’être rachetée par Live Nation. Elle détenait ces publications depuis 2024 ou 2025, après un passage sous la bannière de Project M, une société de médias numériques et d’e-commerce également liée aux frères Madden.

Une réaction à la hauteur du choc

L’onde de choc a rapidement gagné les réseaux sociaux. Jacob Daneman, attaché de presse influent, a rendu un hommage vibrant à BrooklynVegan sur X : « RIP Brooklyn Vegan. C’est absolument sidérant. Je pense à toutes les personnes formidables qui y travaillaient et à la couverture musicale inégalée qu’ils ont réalisée au fil des ans. Les agissements de la direction sont totalement déplacés et stupides. » Un message qui résume le sentiment d’incompréhension et de colère qui domine.

Des institutions au passé riche

Ces quatre titres ne sont pas de simples blogs : ils incarnent des pans entiers de l’histoire de la musique. BrooklynVegan, fondé en 2004 par Dave Levine, a été le témoin privilégié du renouveau rock new-yorkais et s’est imposé comme une référence indie. Revolver, né en 2000, est devenu dès 2001 la bible du hard rock et du metal. Goldmine, doyen du groupe, publie depuis le milieu des années 1970 un journal – puis un magazine – dédié aux collectionneurs de vinyles. Enfin, Alternative Press, créé à Cleveland en 1985, a couvert pendant près de quarante ans les scènes punk, emo et alternatives avant d’être racheté par MDDN (autre entité des Madden) vers 2020.

Quel avenir pour le journalisme musical ?

Ce démantèlement massif pose la question de la survie d’une presse musicale indépendante face aux géants du divertissement. Alors que Live Nation domine déjà la billetterie et la production de concerts, cette absorption brutale de médias historiques par une logique purement corporate risque de laisser un vide béant dans la couverture des scènes émergentes et de niche. Les équipes sacrifiées étaient souvent composées de journalistes passionnés, dont l’expertise ne se remplace pas par des algorithmes.

En attendant d’éventuelles clarifications de Veeps, le monde de la musique pleure la fin d’une époque. Et si les logos survivent, l’âme de ces publications, elle, semble avoir été définitivement arrachée.